Comment aborder un nouveau départ 1/7

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C’est en 2013, dans un centre de ressource communautaire à Ottawa au Canada, où je faisais mon stage que j’ai été emmenée à réfléchir vraiment sur le sens de recommencer une vie, De devoir faire un nouveau départ.

Je travaillais dans une banque alimentaire. Les gens venaient se faire enregistrer puis étaient orientés vers le personnel chargé de leur donner des produits alimentaires suivant leurs besoins. Pour certains, c’était normal, ils étaient habitués et s’impatientaient même de ne pas être servis immédiatement. D’autres par contre étaient gênés, s’excusaient même d’être là. Un simple coup d’œil suffisait à me dire que j’étais en face de personnes qui avaient connu l’aisance mais qui à ce moment précis se trouvaient à la première marche de l’échelle des besoins de Maslow, donc manquaient les besoins de première nécessité.

Parmi ces personnes il y avait des canadiens de souche, mais beaucoup étaient des immigrants.

Alors, parlons de l’immigration

L’immigration fait partie de l’histoire de l’humanité. Les gens ont toujours immigré et continueront à le faire, et ceci pour des raisons différentes. Certains fuient leur pays pour sauver leur vie, parce qu’il y a la guerre, la famine, la discrimination, ou parce qu’ils espèrent un avenir meilleur, ailleurs que chez eux. Ce que je sais par expérience, étant une immigrante moi aussi, est que personne ne quitte son pays de gaité de cœur. Il y a toujours un déchirement à la base. Voici ce qu’en dit Édithe Gaudet dans son livre, relations interculturelles, comprendre pour mieux agir. « Une fois la décision prise et les démarches d’immigration enclenchées, la personne doit commencer à se détacher et à renoncer à certains de ses acquis. Ce détachement est de divers ordres : matériel, affectif et, dans certains cas, professionnel. La personne vend ou donne certains de ses biens; elle choisit ce qu’elle emportera. Elle pense aux êtres chers qu’elle laissera, pour peu de temps ou pour longtemps…

Quand elle parle de l’étape du départ, Édithe Gaudet dit qu’avant même ce départ, l’individu essaie d’absorber toutes les images et sensations possibles; il fait plein de souvenirs, car il pressent qu’il aura besoin d’eux lorsqu’il sera au loin.

…Puis ce sont les attentes, généralement dans les aéroports, au milieu de gens indifférents. S’il voyage seul, l’individu se retrouve face à lui-même; l’absence de l’autre, parfois le vide, deviennent concrets. Le départ est la première mort de l’immigrant ».

Oser un nouveau départ

Mais alors, faut-il rebrousser chemin? Ce ne serait certes pas la solution. Et puis il y a toujours l’espoir d’un monde meilleur. Ce qui aide c’est d’oser continuer son chemin, oser un nouveau départ. Vous qui êtes dans une situation similaire, voici quelques astuces pour survivre à ce stade :

    • pratiquez ce qu’enseigne Eckhart Toller, et vivre pleinement le moment présent.
    • Cessez de récriminer intérieurement contre tout ce qui est à la base de ce départ.
    • Évitez de sombrer dans l’attitude de victimisation, N’est-ce pas vous qui avez décidé de partir?
    • Réjouissez-vous d’avoir obtenu un visa de ce pays d’accueil, ce qui n’a peut-être pas été le cas pour beaucoup.
    • Ayez un sentiment de gratitude parce que vous avez pu acheter ou obtenir votre ticket et que pour la première fois peut-être vous allez voyager par avion. A quelque chose malheur est bon n’est-ce pas?
    • Pensez aux gens qui vont vous accueillir, à tout ce qui a été mis en place pour votre intégration
    • Aiguisez plutôt votre curiosité et enregistrez tout ce qui peut l’être. Ce sont vos premiers souvenirs pour cet inconnu si proche, et ils sont toujours utiles. Ils vous relieront à ceux qui sont restés au pays et serviront de base à votre légende personnelle dans cet inconnu qui se rapproche sans cesse.

Je voudrais vous laisser avec cette phrase de Jean Giono : « le soleil n’est jamais si beau qu’un jour ou on se met en route ».

 

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About Author

Auteure. Membre de l'Association des Auteures et Auteurs de l'Ontario Français. Formation en techniques de travail social Plus de quinze ans d’expérience en animation de groupes sur le deuil, la gestion des émotions, le pardon , le projet de vie et la relation d'aide par l'approche de l'analyse transactionnelle entre autres. Animation des ateliers de communication interpersonnelle et interculturelle. Animation de groupes d'entraide auprès des personnes âgées.

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