Je m’élève , oh! oui, je m’élève!

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Je m’élève est une fière affirmation que quiconque peut faire après une rude épreuve. Et des épreuves, on en rencontre presqu’à chaque pas dans la vie.

Je m’élève est aussi la traduction du titre d’un poème dont  J’ai très récemment découvert l’auteure. Certainement que parmi vous il y en a qui la connaissent déjà. Une grande dame. A mon grand regret elle est décédée depuis deux ans. Mais comme les gens qui sont partis avant nous ne sont que de l’autre côté du chemin, comme a dit  quelqu’un, je me dis qu’il n’est pas trop tard pour faire sa connaissance, s’il y en a qui n’en ont pas entendu parler.

Née le 4 avril 1928 à Saint-Louis au Missouri, elle est décédée        le 28 mai 2014 à 86 ans en Caroline du Nord. C’est une    poétesseécrivaineactrice et militante américaine. Figure importante  du mouvement américain pour les droits civiques, elle est devenue une figure emblématique de la vie artistique et politique aux États-Unis où ses livres sont au programme des écoles. Elle a beaucoup voyagé et parle anglais, français, espagnol, italien et arabe comme on peut le lire sur plusieurs sites. Elle a même travaillé avec Malcom X et Martin Luther King. Je veux parler de Maya Angelou, de son vrai nom Marguerite Johnson.

Très tôt dans sa vie elle a rencontré la barbarie humaine dans une Amérique raciste. Elle a même été violée quand elle avait sept ans et demi. Mais c’est là où elle m’a vraiment étonnée.

L’homme qui l’a violée était très familier de sa famille. Il mourut la nuit de sa sortie de prison, battu à mort.  Maya arrêta de parler pendant cinq ans. Durant cette période,  pour montrer que le bien peut sortir d’un acte mauvais, pendant ces cinq ans elle lut chaque livre de la bibliothèque de l’école pour Noirs, elle lut tous les livres de la bibliothèque de l’école pour Blancs qu’elle pouvait avoir, Elle en mémorisa beaucoup d’autres dont toutes les pièces de Shakespeare, toute la poésie d’Edgar Allen Poe sans l’avoir jamais entendu, elle lut Longfellow, Guy de Maupassant, Balzac, Rudiard Kipling…

Quand elle décida de parler de nouveau, elle avait quelques chose à dire, raconte-t-elle,  avec beaucoup de moyens de le dire. Elle écouta les pasteurs noirs, elle écouta la mélodie des prédicateurs…

Et voici ce qu’elle dit:  » Le viol du corps d’un jeune introduit du cynisme et rien n’est plus tragique qu’un jeune cynique. Parce que la personne va partir de -ne rien savoir à ne rien croire-« . Elle s’est élevée au dessus de tout ce passé et le proclame fièrement dans l’un de ses poèmes:

POURTANT JE M’ÉLÈVE
Vous pouvez me rabaisser pour l’histoire
Avec vos mensonges amers et tordus,
Vous pouvez me traîner dans la boue
Mais comme la poussière, je m’élève pourtant,

Mon insolence vous met-elle en colère?
Pourquoi vous drapez-vous de tristesse
De me voir marcher comme si j’avais des puits
De pétrole pompant dans ma salle à manger?

Comme de simples lunes et de simples soleils,
Avec la certitude des marées
Comme de simples espoirs jaillissants,
Je m’élève pourtant.

Voulez-vous me voir brisée?
La tête et les yeux baissés?
Les épaules tombantes comme des larmes.
Affaiblie par mes pleurs émouvants.

Es-ce mon dédain qui vous blesse?
Ne prenez-vous pas affreusement mal
De me voir rire comme si j’avais des mines
d’or creusant dans mon potager?

Vous pouvez m’abattre de vos paroles,
Me découper avec vos yeux,
Me tuer de toute votre haine,
Mais comme l’air, je m’élève pourtant.

Ma sensualité vous met-elle en colère?
Cela vous surprend-il vraiment
De me voir danser comme si j’avais des
Diamants, à la jointure de mes cuisses?

Hors des cabanes honteuses de l’histoire
Je m’élève
Surgissant d’un passé enraciné de douleur
Je m’élève
Je suis un océan noir, bondissant et large,
Jaillissant et gonflant je tiens dans la marée.
En laissant derrière moi des nuits de terreur et de peur
Je m’élève
Vers une aube merveilleusement claire
Je m’élève
Emportant les présents que mes ancêtres m’ont donnés,
Je suis le rêve et l’espérance de l’esclave.
Je m’élève
Je m’élève
Je m’élève

Poème traduit par Olivier Favier.

Des gens qui ont souffert, j’en ai rencontré tellement. Des gens qui se sont relevés, j’en ai rencontré aussi. D’autres qui ne le peuvent pas encore, j’en connais. C’est pourquoi je mets de tels articles sur ce blog dont le nom est révélateur, pour que des personnes comme Maya Angelou et tant d’autres, vivantes ou décédées, puissent nous servir d’exemples de résilience. Les gens qui ont souffert savent parler cœur à cœur à ceux qui souffrent. C’est du moins ce que j’ai remarqué.

Une des nombreuses citations de Maya dit ceci:  » Les gens oublieront ce que tu as dit, ils oublieront ce que tu as fait, mais ils n’oublieront jamais ce que tu leur as fait ressentir ».

J’aimerais savoir ce que vous ressentez maintenant, et surtout ce que vous ressentirez après avoir vu et entendu Maya Angelou vous déclamer ce poème dans sa langue et vous transmettre elle même son message de fierté et d’accomplissement personnel.

Venez partager librement vos impressions sur mon blog et donnez un coup de pouce à ceux ou celles qui en ont peut-être besoin.

Paix et lumière,

Illuminée.

 

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About Author

Auteure. Formation en techniques de travail social Plus de quinze ans d’expérience en animation de groupes sur le deuil, la gestion des émotions, le pardon , le projet de vie et la relation d'aide par l'approche de l'analyse transactionnelle. Animation des ateliers sur la communication interpersonnelle et interculturelle. Animation de groupes d'entraide auprès des personnes âgées.

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